Pourquoi ?

Je viens de Nice, c’est pour cette raison qu’au lieu de prononcer rose, il m’arrive de prononcer « rauze ». Mis à part cette incompétence langagière, très peu de signes laissent transparaître ma provenance. Pourtant je peux situer géographiquement chaque étape de la construction de ce que je suis, et de ce qui m’amène à créer ce site.

La curiosité de l’humain dans sa diversité n’est pas sans rapport avec mon arbre généalogique. Réminiscence des exodes familiaux, la thématique de l’exil s’impose constamment à moi. Petite j’aimais à observer comment se formaient les groupes dans la cour de l’école, plus grande, je préparais une maîtrise de sociologie sur « les migrations et les relations inter-éthniques ».

Fille unique, je dénombre pas moins de dix frères et soeurs, de vacances dans la grande famille juive de ma grand-mére, en week-end chez les amis de mes parents, ma capacité d’adaptation est un moyen de survie.

La première histoire que j’écris est une aventure dans ma résidence à Fort de France en Martinique. Elle sera suivie dans ce petit journal intime par mes aventures au couvent de cette même ville. Une école maternelle tenue par des bonnes soeurs, alors que j’ai été élevée avec la prière du pain du Shabbat et que je suis la seule petite fille blanche.

Puis retour sur Nice, ma grand-mère styliste modéliste m’initie à ce qu’est être femme selon Coco Chanel et me dit constamment » si tu étais sur une île déserte comment tu ferais ? « . J’y découvre également le plaisir bucolique des longues balades dans la nature, ce qu’est n’être rien face à la force des éléments.

Je me souviens de mon premier livre, mon père enchanté de partager cette lecture avec sa fille : Siddharta, de Herman Hesse. Ce seront ensuite toute la collection rose que ma mère lisait enfant, sur fond de petites filles modèles.

Il y a aussi l’importance de la photographie, toujours, les premiers appareils photos, que je conserve dans une boite comme autant de totems de mon initiation. Les premières photos en noir et blanc avec mon pére. La découverte des techniques argentiques dans le labo photo de la fac de lettres de Nice, sa lumière rouge, ces nuits à préparer des expositions.

Mais aussi cet Oncle parisien, qui m’apprend à jouer aux échecs, me fait rêver par son poste de grand reporter, mon Albert Londres, prix qu’il obtint effectivement.

Ce n’est pas tout, mon envie d’être journaliste m’est apparu avec ma passion du snowboard, mon envie moi aussi de suivre ces champions aux quatres coins du monde, pour raconter ensuite ce qu’il s’y passe.

Je suis là parce qu’il ne pouvait en être autrement.

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